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Repenser la ville de demain : Faire avec les risques et le dérèglement climatique

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02.18.2026

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Faire avec les risques et le dérèglement climatique

Avec les données d’aujourd’hui, les villes continuent à constituer le modèle le plus écologique adapté aux grandes sociétés humaines. Un urbain qui habite dans un immeuble d’habitation de quelques étages et qui se déplace dans sa ville en transport en commun ou à bicyclette, qui va de temps en temps dans d’autres grandes villes en utilisant le train, a un impact écologique faible tout en ayant une productivité économique forte.

Ses besoins alimentaires peuvent être remplis par des territoires agricoles relativement proches : la théorie de la spécialisation et des avantages comparatifs de Ricardo peut aussi être lue de manière « écologique » tant que les distances entre les lieux de production et de consommation ne sont pas trop éloignés les uns des autres.

 

Il n’en demeure pas moins que les dérèglements climatiques imposent de faire évoluer la forme des villes et des territoires qui les entourent.

Les principales évolutions du climat qui vont affecter les villes et les manières d’y répondre sont les suivantes :

Augmentation des températures, avec impact des ilots de chaleur qui peuvent faire monter les températures au sein des villes de plusieurs degrés (jusqu’à 6 degrés).

En réponse à ce risque, les stratégies les plus efficaces consistent à végétaliser le plus largement possibles les villes, ce qui permet tout à la fois de conserver de l’humidité et de protéger les espaces du soleil. De même, il est important d’éclaircir la couleur des toitures et des sols pour en augmenter l’albedo.

Pluies diluviennes et inondations. 

Les inondations dues au débordement de cours d’eau ou les pluies diluviennes risquent de se multiplier dans les villes. On peut tenter de limiter les phénomènes de débordement et de submersion de cours d’eau par des politiques actives sur les territoires en amont, notamment en multipliant les retenues par bassins, mais également en augmentant les surfaces boisées qui sont par nature plus absorbantes que les autres. La multiplication des espaces boisés doit être favorisée non seulement parce qu’ils absorbent mieux les pluies, mais également parce qu’ils constituent des puits de carbone. Le bois peut également être utilisé pour la construction et prendre la place, autant que possible, du béton. Au sein des villes, face aux inondations, le principe de transparence hydraulique doit être privilégié pour ne pas avoir des phénomènes de retenue d’eau excessives dans le temps long, même si il est important de retenir de l’eau face aux pics de chaleur. Les logements doivent également être pensés pour pouvoir fonctionner même en cas d’inondations (présence de batardeaux, clapets anti retour pour les eaux usées, circuits électriques séparés entre les étages, prises de courant surélevées aux niveau bas des maisons, implantation de pièces de vie et de sanitaires en étages…)

Sècheresses et canicules. 

L’approvisionnement en eau des territoires va devenir une donnée de plus en plus aléatoire pour de nombreuses villes, comme on le voit actuellement par exemple à Téhéran. La question des réservoirs et de l’approvisionnement des villes doit être repensée dans un contexte de régimes pluviométriques plus extrêmes, avec des moments de pluies diluviennes intenses succédant à de longues périodes de sécheresse. Les réservoirs devront donc devenir plus nombreux et plus grands, avec une répartition territoriale plus large.

Mouvement de populations et accueil des nouveaux venus.

Les dérèglements climatiques vont entrainer des crises de plus en plus graves (chaleur, sécheresse…) sur des territoires de plus en plus grands et vont fatalement entraîner des mouvements de population importants. Les villes doivent être pensées pour pouvoir être accueillantes et faire place à ceux qui arrivent.

Les villes de demain seront la continuation des villes d’aujourd’hui. Il est inutile de penser des espaces imaginaires qui seront dans tous les cas plus des dystopies que des utopies. Il faut faire avec ce qui est là : c’est possible et même souhaitable et…pourquoi pas, l’espoir de villes plus heureuses pour tous.



Cyrille HANAPPE (ECN 1992)
Docteur en architecture et ingénieur diplômé de l’Ecole Centrale de Nantes en 1992. Il est maître de conférence et directeur scientifique du DSA Architecture et Risques Majeurs à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris Belleville. Il est par ailleurs associé dans l’agence d’architecture AIR- Architecture Ingénieries Recherches et directeur de l’association Actes et Cités ; Il travaille à Paris, Marseille et Mayotte.

Article paru dans l'Hippocampe n°128 de décembre 2025

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